Le viaduc de st Florent à nouveau ouvert à la circulation… piétonne.
Ce beau monument cher aux florentais avait fêté son centenaire en 1993.Il avait été édifié, il y a plus d’un siècle
maintenant, pour permettre le franchissement de la vallée du Cher par la ligne de chemin de fer Bourges-Issoudun, appelée « ligne stratégique » parce qu’elle reliait les établissements militaires berruyers à ceux de l’Ouest de la France. Une autre ligne fut construite en 1907 pour descendre, après avoir franchi la vallée par le viaduc, le long de la rive gauche du Cher jusqu’à Nancais via Lunery, Chateauneuf.
Cet édifice de plus de 500 mètres de long comporte quinze arches de plein cintre, de 30 mètres d’ouverture et vingt cinq mètres de hauteurs et passe au-dessus des deux bras de la rivière et de l’île qui les sépare. Les piles fondées dans l’eau reposent chacune sur un massif de béton établi par le moyen de caissons à air comprimé, de six mètres de profondeur. Au-dessus de ces piles, le viaduc est percé de part en part de larges galeries à ciel ouvert qui lui donnent un aspect de grande légèreté. Il est tout en pierre de taille à bossages d’égales dimensions.
En 1940 le viaduc fut bombardé (par l’aviation italienne semble-t-il) mais il ne fut pas touché ; ce sont les maisons voisines et leurs habitants qui subirent les dommages. Le trafic ferroviaire reprit jusqu’en 1951, puis cet ouvrage d’art devint un lieu de promenade pédestre pour les florentais qui purent ainsi admirer les paysages environnants
: le stade municipal, les prés et bois de l’île, les villas des deux rives du Cher et ses deux voies routières parallèles.
On parla si longtemps d’utiliser le viaduc pour en faire une déviation que les florentais finirent par croire que ce projet était abandonné…jusqu’à ce qu’en 1997 la Direction Départementale de l’Equipement (DDE) de Bourges, à qui la SNCF avait cédé l’ouvrage, annonce la réalisation du contournement de la ville par cet ouvrage, la RN 151 étant de plus en plus encombrée,en particulier par les poids lourds.
Les riverains du viaduc et des deux anciennes voies ferrées qui y menaient, devenues de simples chemins qui deviendraient des routes –et bien que de nombreux florentais ne voulaient toujours pas y croire- s’inquiétèrent à l’idée de voir une circulation routière certainement intense se développer à proximité de leur maison ou de leur jardin, sous leurs yeux ou au-dessus de leur tête.
Aussi les intéressés créèrent-ils en avril 1998 une association « Cher Viaduc » et convoquèrent les florentais à une première réunion, en présence du directeur de la DDE, ce qui permit à celui-ci de confirmer en public l’existence de ce projet, et à « Cher Viaduc » de faire valoir auprès des autorités l’opposition de toute la population concernée.
Divers projets de contournement par une « déviation » virent alors le jour, par le nord de la ville ou par le sud, ce qui nécessite dans les deux cas la construction de grands ponts pour franchir le fleuve et les deux routes parallèles.
Et l’on vit durant ces dernières années des techniciens de la DDE venir prendre des mesures en divers endroits… et sur le viaduc, le premier projet n’étant toujours pas abandonné. Ce qui incita l’association à redoubler ses efforts pour convaincre les autorités (mairie et département) de renoncer à l’utilisation du monument.
C’est seulement en 2005 qu’on eut enfin une réponse réconfortante de la DDE ; mais on ne sait toujours pas quand sera construite cette déviation qui, en principe, devrait contourner la ville par le nord et dont le tracé exact est encore inconnu.
Donc le viaduc est libre : la DDE l’a cédé, pour un euro symbolique, à la municipalité florentaise, après avoir rénové le tablier et replacé les rambardes de fonte qui étaient devenues instables et dangereuses pour les piétons.
Ceux-ci ont donc repris possession de ce lieu de promenade.
Merci à notre camarade Guy MESTON de nous avoir conter un peu d’histoire de st Florent et de « Cher Viaduc ».